Florent Pagny a-t-il raison de présenter le Portugal comme un paradis fiscal pour les artistes?

Florent Pagny a-t-il raison de présenter le Portugal comme un paradis fiscal pour les artistes?

Lisbonne a allégé drastiquement en 2012 les impôts payés par les résidents fiscaux étrangers. Et depuis, le Portugal attire effectivement des stars et des grandes fortunes du monde entier.

De nombreuses stars se sont en effet installées récemment au Portugal. Madonna a acheté une maison à Lisbonne et s’est enregistrée auprès du fisc local. D’autres ont acheté des maisons dans le pays sans qu’on sache s’ils sont devenus résidents fiscaux pour autant, comme Ricky Martin, Eric Cantona, Michael Fassbender, Harrison Ford, Monica Belluci, mais aussi Philippe Starck et Christian Louboutin… Depuis l’an dernier, les Français, pas tous célèbres, sont même devenus les premiers acquéreurs étrangers d’immobilier dans le pays, devant les Britanniques.

« Le Portugal, à l’instar de la Grande-Bretagne, a adopté un régime de résident non-domicilié qui permet d’exonérer les nouveaux résidents de toute imposition pour leur revenu généré hors du Portugal, explique Hervé Israel, avocat associé chez Bornhauser. Ce régime est même plus intéressant que celui de la Grande-Bretagne, qui a réduit les avantages accordés, rendant son régime moins attractif. Mais la Grande-Bretagne, une fois libérée des contraintes de l’Union européenne, pourrait redevenir à nouveau  séduisante si Theresa May décide, comme elle l’a indiqué, de la transformer en paradis fiscal… »

Lourd passif

Quant à Florent Pagny, rappelons qu’il a un lourd passif avec le fisc français. En 2004, il avait été condamné pour « fraude fiscale » à 15.000 euros d’amende et six mois de prison avec sursis. Saisie par le parquet, la cour d’appel de Versailles maintiendra le 27 janvier 2005 les 15.000 euros d’amende mais supprimera la peine de prison.

Précisément, la justice l’a condamné pour ne pas avoir déclaré et payé de TVA pour l’année 1997, pour près de 48.000 euros, et pour avoir minoré de plus de 540.000 euros ses revenus pour les années 1996 et 1997. Il a aussi été condamné pour « détournement d’objets saisis »: en effet, des objets de valeur listés par les huissiers (70 bouteilles de vin, une limousine Bentley, des oeuvres d’art, quatre motos, ses trophées des Victoires de la musique…) avaient mystérieusement disparu juste avant leur saisie…  En revanche, la justice a considéré que les 1,5 million d’euros versés début 1996 par sa maison de disque Polygram (devenue Universal Music) était un prêt, et non une avance sur recettes soumise à l’impôt, comme l’affirmait le fisc.

Juste avant le procès, en 2003, Florent Pagny avait raconté ses déboires avec le fisc dans sa chanson Ma liberté de penser, qui rencontra un grand succès.

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